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 Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]

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Morigan Leonidas
Amazone



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MessageSujet: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Ven 1 Mai - 12:40

Hélas cette certitude n'avait pas toujours grand chose d'amusant. De fait, à l'heure actuelle, il ne s'agissait pas vraiment de surveillance, ni même de garde. Son service, Morigan l'avait terminé il y a de nombreuses heures. Mais le repos finissait vite par l'exacerber. Après tout, elle n'en avait pas beaucoup besoin, elle qui avait été conçue pour ressembler d'avantage à une machine qu'à un être humain. Cependant sa balade ne l'empêchait pas d'être armée. Ses dagues courbes étaient parfaitement maintenues contre ses hanches, dans leurs fourreau, accessible au besoin. Mais jamais encore elle n'avait sorti l'une de ses armes dans un couloir du palais. Et par respect pour les dames qui s'y promenaient, elle n'exhibait pas ses si précieux jouets.

Mais pourquoi les couloirs? Après tout, quitte à s'occuper, elle aurait tout aussi bien pu profiter d'un joli décor. Il existait assez d'endroits plaisants au Royaume d'Antiope. Il devait s'agir d'une envie de rentabiliser son temps libre, sûrement. Après de nombreuses patrouilles, Morigan connaissait le moindre recoin du palais qui lui était accessible. Chaque centimètre carré du sol, du plafond, des murs étaient soigneusement enregistré. Elle connaissant les angles morts, les endroits les plus susceptible de servir d'accès à des personnes mal intentionnées, les espaces les plus exploitables pour un combat au armes ou à main nue, ceux les plus évidents pour supprimer une cible sans avoir à s'approcher. Finalement, le palais n'était qu'un autre champ de bataille potentiel, même si sur ce terrain à proprement parler, les compétences de l'Amazone étaient limitées. Après tout, elle l'aimait au sens propre et non au figuré. C'était aussi pour ça que s'il lui arrivait de saisir une conversation d'ordre politique, elle n'y avait jusqu'à présent jamais réellement prit part.

Ses pas ne faisaient aucun bruit. A croire qu'elle rôdait plus qu'elle ne se promenait. Pourtant, elle paraissait détendue. Très détendue, même. Trop pour que ceux qui ne la connaissent pas y croient. A croire qu'il était de notoriété publique de se méfier de certaines amazones. Mais Morigan trouvait ceci très secondaire. Elle jeta un regard vague par une fenêtre, sans se soucier de son propre reflet. Son apparence lui semblait tellement vide d'intérêt. Même sa tenue du jour n'avait été sélectionnée que pour son côté pratique. Chaussures légères, short court, haut souple cachant ce qu'il y avait à cacher, des te des gants longs, aux doigts coupés, remontant jusqu'aux coudes. La base, en somme.
Elle finit par cesser sa marche devant une fenêtre plus imposante que les autres. D'ici, il y avait une vue sur une bonne partie de la cité. Une vue qu'étrangement, elle aimait bien, si tant est qu'elle puisse réellement aimer quelque chose. Elle ne bougeait plus, les bras le long du corps, ses prunelles animale détaillant chaque bâtiment, analysant, déstructurant. C'était décidément une manie chez elle de vouloir connaitre le moindre détail de son environnement. UNe bonne manie bien enseignée.

Mais elle ne resta pas bien longtemps dans cette position. Elle entendit un son, discret, une ombre dans le reflet d'un carreau. Une dame de compagnie qui se promène, un esclave qui travaille. Peu importe qui après tout, mais elle se tourna tout de même la tête pour situer l'être, et agir en fonction de ce qu'il est.


[A qui veut! ^^]

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Scipion
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MessageSujet: Re: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Dim 3 Mai - 17:23

Le quotidien d’un esclave était des plus ennuyeux. Toujours la même routine, toujours le même chemin. Ce qu’il haïssait le plus cependant, c’est le fait d’avoir à continuellement baisser les yeux à chaque fois qu’une femme passait. Aucune ne méritait l’insigne honneur qu’il leur donnait en baissant la tête en signe de soumission. Mais la mort attend chaque esclave que l’on remarque comme trop rebelle. Donc, il continuait à entretenir l’illusion d’un serviteur obéissant, sage et calme. Une illusion qui lui sauvait la vie depuis des années.
*Tu nous dois au moins ça, Scipion. N’est-ce pas?*
Il tressaillit imperceptiblement en entendant la voix. C’était Brouillard, il n’y avait nul doute. Continuant d’utiliser la démarche de l’esclave soumis qu’il imitait à la perfection, il tourna dans un corridor transversal. Les murs d’une couleur fade lui donnaient toujours la nausée. Il tourna un œil observateur autour de lui et s’immobilisa. S’accotant au mur, il partit dans ses pensées pour rejoindre Brouillard. Parlant aussi bien dans ses pensées qu’à haute voix, l’esclave commença à discuter avec lui-même.

-Je vous le dois, certes, mais cette fâcheuse habitude de me parler quand je suis dans des lieux publiques pourrait me coûter cher. Et donc par le fait même, vous coûter cher. N’ais-je pas raison?

Dit-il, un peu fâché du fait que l’intervention de la personnification de sa froideur avait causé un tic facial. C’était une des difficultés auquel il devait faire face chaque jour. Les voix qui peuplaient sa tête l’avaient aidées quand il était jeune mais à présent, il avait vraiment l’impression qu’elles lui nuisaient. Le silence de la dite voix l’énervait encore plus que ses paroles à présent qu’il était au courant de sa présence. Il regarda autour de lui avec appréhension. Après tout, il y a toujours une amazone dans les couloirs et il ne faudrait pas qu’elle lui tombe dessus parce qu’il avait fait une « pause ». Il se remit en marche et sortit du couloir en tournant vers la gauche. Un long couloir large se dressait devant lui, sans aucunes aspérités autres que la personne qui se tenait à son extrémité. Il figea instantanément. Aucune chance qu’elle ne l’ait pas vue. L’amazone qui se tenait là avait tourné sa tête vers lui et froncer les sourcils à la vue d’un esclave seul. Ah oui, c’est vrai! Que faisait-il tout seul? Il avait été envoyé par sa dame pour aller chercher un dîner. Il avait une excuse mais les amazones pouvaient parfois être…imprévisibles. Ne pouvant tourner le dos face à une garde d’Hyppolyte, ce qui aurait été manqué de respect et aurait signifié la mort immédiate pour lui. Ayant considéré ses options, l’esclave décida d’avancer, tête baissée, en espérant que la combattante ne lui cherche pas querelle. Adoptant la conduite qui allait de pair avec sa tunique d’esclave, il commença à avancer lentement, jouant le personnage de l’esclave apeuré qui avance en essayant de faire parti du mur qu’il longe. Cependant du coin de l’œil, à travers l’illusion qu’il donnait, il détailla l’amazone. Elle avait l’air d’être bâtie pour tuer.
Pas une pensée réconfortante, n’est-ce pas Scipion?
Cette fois-ci, il était préparé à une intervention de ses voix intérieures. Retenant une réplique qu’il aurait servi à Volcan, celui qui venait de parler, il continua d’avancer lentement mais sûrement vers l’autre bout du corridor. Le regard de l’Amazone était fixé sur lui pour une raison qu’il ignorait mais les yeux de l’amazone attisaient sa curiosité. Ils étaient rouges. À présent, son destin était dans les mains de sa performance d’acteur et de l’amazone.

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« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui mène à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. »
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Morigan Leonidas
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MessageSujet: Re: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Dim 3 Mai - 20:29

Un esclave... Rien qui ne nécessite de réelles bonnes manières. Non pas qu'elle se serait montrée outrageuse dans les circonstances actuelles, disons qu'elle restait... Indifférente. Son regard passa au-delà de l'esclave, pour se perdre un court instant dans le couloir. Pas d'autre amazone dans les parages. A croire que certaines collègues préféraient prendre leur travail à coeur quand celui-ci n'était pas aussi ennuyeux qu'une simple garde.

Heureusement pour l'esclave, probablement. Car même si la peur était souvent le sentiment que Morigan, comme la plupart de ses consoeur, inspirait à tout homme, il n'en demeurait pas mal que, contrairement à certaines amazones, humilier un esclave ne faisait pas vraiment parti de ses loisirs. A moins qu'elle en vienne à développer un complexe d'infériorité, ce qui n'était pas le cas pour le moment. Faire ramper un homme par simple plaisir ne lui apportait aucune satisfaction. Qu'y a-t-il à retirer d'une domination qui est pourtant si évidente dans le quotidien?

Mais plus qu'une autre amazone, Morigan constatait que l'esclave était seul. Un esclave se baladait rarement seul, sauf dans le cadre de certains petits ordres quotidiens, comme aller simplement chercher un objet pour sa maîtresse. Quand elle revint sur lui, ses prunelles sinistres croisèrent celles de l'esclave. Avait-elle remarqué qu'il avait eu l'outrecuidance de la détailler? En tous les cas, elle n'en fit pas la remarque. Ce genre de comportement aurait pourtant justifié une punition immédiate et probablement douloureuse. Elle sembla s'attarder un instant sur lui, le regardant droit dans les yeux, puis se retourna lentement pour lui faire face, sans qu'aucun geste susceptible de trahir une réelle agressivité ne transparaisse.
Il paraissait bien soumis, comme l'étaient tous les esclaves, malgré une corpulence conséquente. Il était grand, mais son attitude pouvait laisser penser le contraire. Ah, les joies de l'illusion et de la comédie. Morigan s'en moquait assez à vrai dire. Tant qu'un esclave faisait son boulot comme on le lui ordonnait, il pourrait être bossu, boiteux, ou parader comme un pan que ça ne lui ferait ni chaud ni froid. Les apparences ne prouvaient jamais la réelle valeur d'un être. Ce qui ne l'empêchait de loin pas de vouer une foi sans limites à l'Impératrice et à la hiérarchie matriarcale qui en résultait.

"Quelle est la raison de ta présence dans ce couloir, esclave?"

Dénigrante ou méprisante? Les mots le semblaient. Mais le ton restait vide, indifférent, comme si finalement la réponse qui pourrait en résulter ne soulevait aucun intérêt rel de sa part. La question n'était après tout qu'une simple formalité. Pourtant, elle n'était pas en service et n'aurait même pas dû s'attarder sur cette banale croisée des routes. Conscience professionnelle... Au fait, c'était quoi, une conscience?

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Scipion
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MessageSujet: Re: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Dim 3 Mai - 21:49

( désolé, je manquais d'inspiration pale)

L’idée qui lui venait en tête était de passer son chemin au plus vite. Il ne pouvait se permettre de se faire coincer par une amazone trop zélée. Qui sait ce qui pourrait lui arriver? On racontait parfois que les amazones aimaient torturer les hommes pour le plaisir. Le jeune homme n’y croyait pas vraiment mais il ne préférait ne pas en faire l’expérience. Donc, il s’arrêta, gardant son attitude soumise comme protection, puisque qu’après tout, il n’était point dans la tête de cette femme qui faisait de son travail, l’art de tuer. Les murs austères n’offraient aucun support à l’esclave dans sa confrontation avec la femme. Ah oui, la femme! Il avait relevé un peu les yeux puisque, étant relativement grand, baisser les yeux équivalait à lorgner le corps féminin qui se trouvait face à lui. Elle n’était pas du tout répugnante. Elle était même très belle, dans son style très « mante religieuse ». Beaucoup d’esclaves devaient penser ainsi…mais Scipion ne s’y autorisa pas. Il devait se sortir le plus vite possible de ce guêpier. Il avisa l’expression sur le visage jusque là inexpressif de la guerrière. Une touche de dédain. Elle devait se dire qu’il était juste un esclave. Elle ouvrit sa bouche et prononça des paroles qu’il avait aisément pu anticiper. Ce qu’il faisait là…elle devait s’en douter… Pourquoi lui poser cette question? Il n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longtemps puisque Volcan intervint rapidement en lui hurlant dans le crâne, ce qui causa un faible rehaussement du coin gauche de sa bouche.
Ne reste pas planter là! Réponds!
Devinant qu’il avait dû rester un moment sans répondre, il eut de la difficulté à ne pas paraître surpris. Il ouvrit la bouche et répondit d’une voix inégale qui semblait parcouru par des tremblements dû à la peur.
-Désolé…Mada...me! Ma Maîtresse…m’a…m’a ordonné d’aller… lui chercher… à manger! Je ne voulais pas…vous déranger!


Performance très faible, Scipion. Je me demande ce que ça fait de se faire couper la gorge…Pas toi?
Brouillard et ces commentaires morbides…Il aimait beaucoup en faire. Scipion baissa les yeux pour regarder le bout des orteils de l’amazone. Espérant que la performance de l’esclave bégayant ait pu amuser la femme, l’espion revint dans ses pensées. S’il s’était humilié, ce n’était pas si grave. Après tout, il vaut mieux partir la tête basse que les pieds devants… Il n’avait pas peur de la mort. Il n’avait pas peur du tout. Il lui suffisait d’attendre.
Tout vient à point à qui sait attendre. La mort, par exemple!
Il entendit un rire dément qu’il reconnu sans mal, sans avoir besoin de lever la tête. Les carreaux étaient beaux dite-donc! Qu’est-ce que cette femme attendait pour lui dire de passer son chemin? Volcan ricanait, lui aussi. C’était vraiment difficile de ne pas rire pour de vrai en entendant ceux-là dans sa tête.
Elle est muette, cette saleté d'amazone?
Volcan s’impatientait également, formulant d’une façon que seul l’esprit peut le faire et non la bouche. Il espérait qu’elle finirait pas répondre au plus vite.

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Morigan Leonidas
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MessageSujet: Re: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Dim 3 Mai - 22:22

(mais C'est très bien! Je ne suis pas une inconditionnel de la longueur, comme tu as pu le voir avec mes posts. XD J'aime beaucoup le cynisme de Brouillard!)


Pas de réponse. Du moins pas tout de suite. Elle ne se gêne pas pour lorgner, évaluer, sous-peser dans les moindre détails le spécimen esclave qui lui fait face, tête respectueusement baissée comme il le doit. Non, il n'y avait rien d'alarmant dans ce qu'elle voyait. De fait, elle ne cherchait rien d'alarmant. Elle cherchait juste... Quoi au fait? Peut-être un quelconque intérêt de quelque nature que ce soit. Mais rien de bien menaçant pour le mâle soumis. Quoique vu sa taille, elle l'imaginait étrangement plus se tenir fièrement droit pour faire face à sa vie plutôt que de courber l'échine. Étrange, non?

Toujours est-il qu'elle le détaillait sans vergogne, distante bien sûr. A croire qu'il s'agissait plus d'évaluer un morceau de viande chez le boucher qu'un être humain. Mais finalement c'étaient ce qu'étaient les esclaves: de la marchandise après tout. Ses prunelles remontèrent sur le faciès incliné, avec une expression proche du dédain, si tant est qu'il puisse y avoir une expression réellement humaine sur ses traits. La réponse était hasardeuse, incertaine, balbutiée. N'importe quelle amazone aurait pu y voir sans doute l'incertitude, le mensonge, une excuse de dernière minute pour camoufler un acte qui n'était pas celui évoqué. Mais pas elle. Morigan laissa peser encore le silence. Pas vraiment pour évaluer le degré de véracité, après tout, un esclave qui tente le diable se fait exterminé avant même d'avoir pu tenter la moindre chose dangereuse pour quelqu'un d'autre que lui-même. Elle se décida à répondre, sur un ton parfaitement monocorde.

"Tu ne déranges pas. Un esclave qui fait ce qu'on lui ordonne ne peut pas déranger."

Une banale vérité. Enfin, ça dépendait des maîtresses. Morigan se détourna finalement, lentement, comme lorsqu'elle lui avait fait face. La fenêtre et le décor qui se trouvait au-delà était devenu à nouveau son vague centre d'intérêt. A croire qu'elle n'avait visiblement pas la moindre crainte en tournant le dos à un esclave. Une confiance excessive? La confiance naturelle des amazone dans en le bon sens masculin. Cependant, elle poursuivit.

"Alors ne déçois pas ta maîtresse et fais ce que tu as à faire."

Mais bien que son regard semblait se perdre au loin, elle ne lâchait pas vraiment de vue l'esclave dont elle distinguait la présence du coin de l'oeil dans le reflet de la vitre. Elle n'avait aucune raison de lui chercher des poux d'avantage. Il n'avait rien sur lui, du moins en apparence. Et rien dans ses actes n'avait éveillé de soupçons nécessaire pour justifier une quelconque fouille. Qui plus est, certaines dames de compagnie possessives n'aimaient pas qu'on touche à leurs esclaves personnels.

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Dernière édition par Morigan Leonidas le Lun 4 Mai - 6:37, édité 1 fois
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Scipion
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MessageSujet: Re: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Lun 4 Mai - 3:15

Elle était définitivement spéciale, cette amazone. Elle n’avait pas fait le moindre geste même face à cette piètre performance d’acteur. Il lui avait pourtant semblé qu’elle devait être intelligente. Il avait même cru qu’elle avait saisi le stratagème. Il trouvait étrange qu’elle le laisse passer sans faire d’histoires…Et puis c’est vrai, qu’est-ce qu’elle faisait là toute seule? Avait-elle finie sa garde? Les spéculations allaient de bon train dans sa tête. Tellement occupé à analyser ses suppositions, il ne bougeait pas. Il alla même jusqu’à l’audace de la détailler plus ouvertement, maintenant qu’elle avait le dos tourné. Avait-elle une arme qu’elle lui planterait dans le dos quand il se sentirait en sécurité? Il voyait les deux dagues courbes sur les hanches bien dessinées de la femme et il se doutait qu’elle savait s’en servir avec une efficacité meurtrière.
Je préfère l’incinération à l’enterrement et les deux à un moment de plus avec une amazone sanguinaire. Barre-toi vite!
De nos jours, il n’y a que deux sortes d’esclaves : Les rapides et les morts. Fais ce que l’autre idiot dit.

Encore et toujours ces deux là. Il ne comprenait pas comment il avait pu engendrer des personnalités aussi distincte l’une de l’autre. Mais les deux s’accordaient sur un point. Il devait partir au plus vite, avant que l’amazone change d’avis et se décide à faire un rôti d’esclave. Il recula d’un pas léger mais figea en entendant la troisième voix. Une voix qu’il n’entendait pas souvent et qui conseillait des conseils généralement utiles mais dangereux. Arach, la seule femme de ses pensées.
Mon garçon, n’écoute pas ces deux clowns. Cette amazone pourrait être intéressante. Même si tu ne tires aucune information, la conversation a le potentiel d’être plaisante. Sois sympathique!
Encore, cette femme imaginait des plans qui feraient frémir n’importe qui. Discuter avec une amazone, en étant un esclave? Même certaines dames de compagnie ne s’y risquaient pas. Pourtant une voix lui disait qu’il devrait peut-être le faire et sa curiosité piquée par l’étrange comportement de la femme devant lui. Et puis, s’il mourrait ce n’était pas grave. Il ne pourrait pas voir Hyppolyte baigner dans son sang mais l’idée de se reposer enfin et de laisser tomber son masque était attirante. Toujours planté derrière l’Amazone qui semblait totalement désintéressé de lui, il leva un peu le regard. Après tout peut-être que les cercueils étaient confortables.
Les cercueils ne sont pas confortables. Mais les morts s’adaptent à tout.

Pris par surprise par Brouillard, qu’il croyait en train de bouder, Scipion laissa échapper un grognement énervé de sa gorge. Il tressaillit et baissa immédiatement les yeux, pour ne pas croiser le regard de la femme qui allait sûrement se retourner.
- Mes plus plates excuses, je vais m’en aller maintenant.

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Morigan Leonidas
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MessageSujet: Re: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Lun 4 Mai - 6:56

L'indifférence peut-elle être qualifiée de spéciale? Elle n'en demeurait pas moins assez peu avenante. Pas de mot gentil, pas même la moindre once de douceur dans sa voix. Après tout, il n'en demeurait pas moins un homme. esclave, ou hypothétique divertissement. La différence qui demeurait était peut-être celle qui faisait que Morigan ne retirait pas vraiment de plaisir à humilier un homme. A quoi bon prouver sa supériorité à quelqu'un qui, s'il se tente de se défendre, finissait immanquablement par être exécuté? C'était d'un ennui... Non vraiment elle ne comprenait pas vraiment la jubilation de certaines de ses consoeurs en la matière. Peut-être simplement qu'on avait loupé une étape dans la conception du gêne de l'amusement chez elle. Bien qu'elle ne rechignait pas à s'amuser avec les autres amazones sur des plans divers et variés tout de même, la torture gratuite ne faisait pas partie de la liste. Enfin, pas pour le moment. Qui sait, en mûrissant, les années changeront peut-être cet état de fait.

Et puis la ville était assez agréable à regarder sous la lumière du soleil. Il y avait toujours quelque chose à voir. Des mouvements plus remarquable vers le centre, c'était probablement le jour du marché. Un coin semblait très calme, sans doute que les femmes qui y vivaient d'ordinaire avaient toutes un travail éloigné de leur domicile. Pas très loin du palais, il y avait une cour où on pouvait apercevoir un esclave en train d'étendre du linge. En tout cas, ses mains apparaissaient régulièrement, accrochant un vaste pan de tissu trop humide pour s'envoler pleinement au gré du vent. Ce n'était pas certes un divertissement palpitant mais ça faisait toujours quelque chose à regarder.

elle n'avait pas vraiment prêté attention aux détails de l'esclave dont le reflet flouté ne précisait pas la direction du regard. Néanmoins, le grognement qu'il lâcha la fit se retourner, bien évidemment. A croire que l'esclave était énervé. De quoi? Qu'elle le laisse tranquille? Celui-ci avait-il des tendances masochistes Tout était possible après tout. Il avait baissé les yeux, mais même si elle ne croisa pas son regard, elle devina aisément que la tête basse n'était pas sa position initiale. Au moins pour s'excuser, il ne balbutiait pas cette fois-ci. Peut-être était-il rassuré? Non, elle n'y croyait pas vraiment. Il en fallait beaucoup pour un esclave se sente rassuré en présence d'une amazone. D'habitude, c'était plutôt l'inverse. Ceux qui étaient rattachés à la garçonnière devaient vivre un véritable enfer au quotidien.

"Il y a un problème?"

Ses yeux s'étaient sensiblement plissés. Sait-on jamais, des fois que l'esclave ne se baladait pas dans les couloir pour son travail mais pour d'autres raisons... Certaines étaient punissables, d'autres ne la concerneraient pas si elles se rattachaient à des dames de la cour. Mais ça ne l'empêchait pas de ralentir un peu le devoir d'un esclave pour s'assurer qu'il n'irait rien commettre de stupide aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Mer 6 Mai - 22:57


Bravo! Puisque tu as sursauté comme une fillette, elle te trouve au moins minimalement suspect. Tu n’es vraiment qu’un raté après tout!

Volcan avait pour une fois raison sur un point. L’amazone le toisait à présent avec un regard évaluateur. Il devait réfléchir à une idée rapidement. Son cerveau faisait des siennes pendant qu’il relevait un peu les yeux pour apercevoir le bas du visage de l’amazone. Un drôle de réflexes, dirait-on, mais assez pratique. Quand on décide à frapper quelque chose, une presque imperceptible contraction de la mâchoire se produit, laissant un battement de temps minime pour éviter le coup mortel. Il doutait sérieusement que l’amazone le tue mais il prenait des précautions. Il avait vécu toute sa vie en prenant des précautions et ce n’était pas face à une machine à tuer qu’il contreviendrait à ses habitudes. Tentant de deviner les questions qu’elle se posait présentement, le jeune homme se prépara à répondre quand Brouillard intervint une nouvelle fois.
Oi. Ne la laisse pas voir ce que tu penses quand tu réponds. Elle est différente des autres.
Pas comme les autres? Une femme trouvait grâce aux yeux de Brouillard? C’était définitivement quelque chose de nouveau et d’un peu inquiétant. La considérant avec un respect nouveau, le respect que l’on accorde à son ennemi talentueux, Scipion répondit en improvisant.

-Non ma Dame, pourquoi y en auraient-ils?


Il faillit grimacer en s’entendant dire cette phrase. Il n’était pas fier de l’idée. Il aurait dû abonder dans le sens qui lui permettrait de ne pas allonger la discussion avec l’amazone meurtrière. Maudit soit Brouillard et ces commentaires au dernier moment. Il allait les entraîner tous ensemble vers une chute qui risquait sans nulle doute d’être mortelle si jamais il touchait le fond. Déterminé à ce que ça n’arrive pas, Scipion tient sa position rigide sans sourciller devant le regard de Morigan. Hésitant sur quoi regarder présentement, les dalles du plancher ou la mâchoire ferme de le guerrière, les yeux de Scipion s’agitaient assez pour avoir une bonne vue d’ensemble mais aussi pour le faire un peu paniquer.
Holà! Du calme! La panique te rend encore plus empoté qu’à l’habitude alors ne panique pas pour l’amour du ciel!
Il tentait de se reprendre avant que l’amazone se rende vraiment compte de l’état dans lequel il se trouvait. D’accord, beaucoup d’esclaves seraient paniqués s’il était à sa place mais ce n’était guère le moment.

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Morigan Leonidas
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MessageSujet: Re: Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]   Dim 10 Mai - 21:57

Il y avait un problème. Mais le grognement restait encore indéfini pour Morigan. Des réactions étranges, elle en avait vu quelques unes de la part des esclaves, du palais comme d'ailleurs. Certains poussaient malgré eux des soupirs de soulagement quand ils n'était pas la cible d'une femme en manque de sadisme, d'autres poussent un gémissement apeurés, d'autres encore sont pris de tremblements et de sueurs froides avant même qu'elle n'ait eut le temps de dire quoi que ce soit. Mais lui, il avait grogné. Pour un peu, Morigan aurait juré qu'il s'agissait plus d'exaspération. A croire que quelque chose l'avait dérangé. Hors il n'y avait qu'elle face à lui. Était-il déçu de ne pas se prendre une dérouillée? Faisait-il parti des quelques rares esclaves aux penchants masochistes qui aimaient se faire humilier par leurs maîtresses? Elle en doutait. Il n'avait pas vraiment l'apparence du genre. Pas avec ce regard qu'elle était certaine d'avoir perçu par en-dessous. Il pouvait peut-être être effrayé, mais moins que les autres.

Ou alors il était dérangé. Ce ne serait pas le premier non plus à développer des troubles du comportement pour fuir la condition honteuse qui était la sienne. Mais à ce stade, ce phénomène échappait à Morigan. Elle était une guerrière, pas une psychanalyste. Mais sa réponse la fit légèrement sourciller. Il n'avait pas peur. Pas du tout. Ou il ne savait pas tourner ses phrases. Pourrait-il sous-entendre qu'elle en viendrait à imaginer des choses? Ce simple retour de question était suffisant pour que n'importe quelle femme lui envoie une gifle cinglante. Mais c'était inintéressant pour elle.

"Les esclaves ont toujours des problèmes. Je pourrais t'en trouver, rien ne viendrait remettre en cause mon sens du jugement."

Non, il avait peur. Il n'était pas si sûr de lui. Pas autant qu'elle ne l'aurait pensé. Son regard le trahissait. Malgré son regard baissé, il cherchait toujours à voir le maximum de chose, pour pouvoir anticiper, comme un animal stressé par un prédateur. Elle s'avança encore, lentement, silencieusement, puis passa à côté de lui, comme un simple courant d'air, détachant son attention de l'homme. Elle s'était probablement trompée. Seulement, elle ne jugeait pas qu'avec sa logique, mais aussi avec son instinct. Mais c'était trop tôt pour juger pleinement. Elle dépassa l'esclave de quelques pas, puis s'immobilisa.

"Ne traînes pas, fais ce que ta maîtresse t'a envoyé faire."

Elle se tourna très légèrement, assez pour jeter un coup d'oeil par-dessus son épaule en direction du jeune homme.

"Et tâches de contrôler un peu mieux que ça la moindre de tes réactions. Certaines amazones sautent sur toutes les occasions pour mettre en pièce un esclave sans se soucier des conséquences."

Comme énerver une dame influente de la cour de l'Impératrice par exemple.

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Il y a toujours une Amazone dans un couloir. [Libre]

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